Le “Soleil Journal” imprimé à l’énergie solaire à Paris en 1882 par Auguste-Mouchot

AVIS DE RECHERCHE

UN EXEMPLAIRE DU “ SOLEIL-JOURNAL”

imprimé en 1882 grâce à l’énergie solaire

dans les jardins des Tuileries le 6 août 1882,

lors des fêtes de la Jeunesse de l’UFJ, grâce au concentrateur solaire

d’Auguste Mouchot et Abel Fifre.

D’avance un grand merci de votre aide !

Le monde illustré du 12 août 1882

Soucieux de trouver une source d’énergie inépuisable, ce professeur de sciences physiques construit dès 1866 un moteur solaire, grâce à un

réflecteur parabolique et une chaudière cylindrique qui alimentent une petite machine à vapeur. L’invention, qui déclenche l’enthousiasme de la

communauté scientifique, est présentée à Napoléon. En 1878, Augustin Mouchot reçoit la médaille d’or lors de l’exposition universelle pour un

concentrateur d’énergie solaire de 20m2.

Concentrateur dont s’emparera, quatre ans plus tard, l’ingénieur Abel Pifre pour le transformer en une presse à imprimer capable de tirer jusqu’à

500 exemplaires par heure d’un journal, nommé pour l’occasion le « Soleil Journal ».

C’est justement le charbon qui mettra fin aux recherches de Mouchot. “En effet, la démarche de Mouchot était de tenter de pourvoir une énergie

de substitution ou plutôt de complément à une production de charbon alors insuffisante pour les besoins de l’industrie. Mais la découverte de

nouveaux gisements de charbon dans l’Est de la France et l’amélioration du réseau ferré qui facilite l’approvisionnement du charbon conduisent le

gouvernement à estimer que l’énergie solaire n’est pas rentable et à cesser de financer les recherches de Mouchot. De même, après l’exposition

universelle de 1878, les moteurs à explosion et l’utilisation massive du pétrole vont changer radicalement les données industrielles.”

 

 

 

 

Mouchot et Pifre inspirerons “Travail” d’Emile Zola, ouvrage décrivant une société post-charbon.

“En 1901, Augustin Mouchot a peut-être eu une grande satisfaction en lisant Travail, un roman d’Émile Zola qui vient d’être publié. Compris dans

le cycle « Les 4 évangiles », ce roman de Zola est une véritable oeuvre d’anticipation sur le progrès social basé sur des évolutions industrielles.

Fasciné, l’écrivain a observé et admiré les progrès techniques lors des expositions universelles de Paris. Zola qui a visité l’exposition de 1878 s’est

souvenu du capteur solaire de Mouchot.

 

Dans Travail, le héros de ce roman messianique, voulant améliorer la condition humaine, crée une cité du bonheur, cité utopique dans laquelle :

« son oeuvre serait achevée […] le jour où il aurait donné à la Cité nouvelle l’électricité bienfaisante sans la mesurer, à discrétion ».

Le héros imagine toutes sortes d’appareils utilisant tout d’abord l’énergie fossile, mais « l’épuisement possible du charbon » le terrifie.

Zola reprend ici l’argumentaire d’Augustin Mouchot. Le héros du roman pense alors à l’énergie de l’eau, des rivières, des marées,

puis le solaire apparaît comme la seule énergie future susceptible d’émanciper l’humanité :

« c’était donc au soleil secourable qu’il s’agissait de s’adresser directement, de capter la chaleur solaire et la transformer, à l’aide d’appareils spéciaux […]. Son rêve avait occupé déjà d’autres cerveaux, des savants57 étaient parvenus à imaginer de petits appareils qui captaient la chaleur solaire et la transformaient en électricité […]. Et c’est par l’énergie solaire que la Cité du bonheur, que les hommes vivront […] sous le grand soleil bienfaisant, notre père à tous ».

Augustin Mouchot, vivant dans une grande pauvreté, physiquement fatigué, reçoit en 1907 une pension de l’Académie des Sciences,

sollicitée par un de ses membres. Séparé de sa femme, quasiment aveugle, il décède dans la misère et dans l’anonymat à Paris le 4 octobre 1912.”

sources : Archives départementales d’Indre-et-Loire, BNF.

-> voir les extraits du romain Travail